La princesse qui n’en faisait qu’à sa tête

Une fois n’est pas coutume, voici un article pour nous faire plonger dans le bonheur des contes, avec une “morale” qui elle non plus, n’est pas coutumière !

A vous de reconnaître les 3 messages qui servent d’antidote aux messages limitants que nous avons pu intérioriser.

 

Princesse Hélène était une princesse très vivante. Elle avait été très attendue. Avant sa conception, ses parents lui avaient écrit une lettre pour l’inviter à faire partie de leur famille.

Dès sa naissance, ses parents avaient fait le choix de la prendre avec eux dans leur lit, et elle y était restée jusqu’à l’arrivée de sa petite sœur, pour son plus grand bonheur et pour sa bonne santé !

Princesse comme toutes les autres, ou presque. Elle aimait porter de belles tresses, mais elle n’aimait pas être coiffée. Elle aimait s’habiller toute seule et parfois même porter ses tenues de fête dans des endroits pas tout à fait propices, comme l’école.

Elle jouait et se disputait souvent avec sa petite sœur. Quel bonheur, aussi, pour cette enfant, d’avoir une petite sœur avec qui jouer !

Ce qui lui coûtait le plus était de partager les bras de sa maman, cela la rendait vraiment jalouse. Quelquefois, elle jetait par terre toutes ses affaires, pour exprimer son mécontentement.

 

Des crises de colère fortes éclataient de temps en temps et là, elle criait et tapait des pieds si fort que les voisins, les employés du château, ses tantes, tout le monde avait peur : “Arrête ça, Princesse Hélène, une princesse ne fait pas de colère !”

D’autres lui parlaient avec l’intention de la raisonner : “Tu as bientôt l’âge de raison, tu ne peux plus agir de la sorte.” Les tentatives de la séduire ne marchaient pas non plus : “Je te donne un cadeau si tu arrêtes de crier, dis-moi ce que tu veux !”

Si, durant une minute, on croyait qu’elle se laisserait manipuler, hélas, non, Princesse Hélène savait qu’elle avait besoin de décharger son trop plein d’émotions.

 

La Reine avait une tout autre conduite, souveraine. Elle prenait son enfant dans les bras, et malgré les cris et les mouvements de pieds, elle enveloppait et contenait sa fille. Quelques instants plus tard, sous le regard étonné de la cour, Princesse Hélène se calmait, retrouvait ses esprits, sa bonne humeur habituelle et s’exclamait tout naturellement qu’elle était d’accord.

“D’accord pour quoi faire ?” D’accord pour s’habiller, pour se coiffer, pour sortir, pour manger et pour tout ce qu’elle pouvait refuser trois minutes auparavant en tapant du pied.

La Reine la regardait dans les yeux et lui disait : “Tu sais, Princesse Hélène, que tout le monde partage les mêmes émotions et les mêmes besoins.”

 

Princesse Hélène était très créative et aimait beaucoup chanter, danser, dessiner, jouer des rôles, faire des blagues comme son papa le Roi, et faire rire les convives.

Quand il y avait un bal à la cour, contrairement aux autres contrées, le Roi et la Reine autorisaient les deux princesses à participer à la fête. Princesse Hélène aimait s’apprêter et participer au bal. Elle s’imaginait tenant la main d’un prince. Elle savait qu’elle aussi aurait des enfants. Elle aimait jouer à la poupée et parler à ses filles imaginaires.

Au moment de la fête, Princesse Hélène sollicitait de l’attention, elle chantait, allait vers les invités, leur posait des questions, on ne voyait là-dedans pas la moindre trace d’un complexe.

La Reine lui répétait : “Tu sais, Princesse Hélène, tu peux aller vers les autres.” C’était très étonnant, la vie de cette enfant, car les autres princesses baignaient davantage dans des histoires de loups dans la forêt, d’enfants orphelins, de parents indignes, de scénarios qui décrivaient un monde plein de danger, où il fallait se méfier des inconnus. La Reine ne soutenait pas cet enseignement et cela étonnait toujours ses conseillères : “Majesté, on ne peut pas éduquer une enfant royale de la sorte, le monde est très dangereux et il faut apprendre aux enfants à se méfier des inconnus.”

Malgré ces oppositions, la Reine ne se laissait pas convaincre. Au fond, elle savait qu’elle pouvait faire confiance à Princesse Hélène. Celle-ci avait d’ailleurs déjà une sécurité naturelle, une capacité à écouter son cœur. Et la Reine rappelait à sa fille : “Tu sais, ma chérie, que tu peux sentir ce que cela te fait, ton cœur est capable de te dire si tu es en danger ou si tu es en sécurité. Sois attentive si ça te fait oui ou si ça te fait non, dans ton cœur, dans ton corps.

Fais-toi confiance.”

Photo : domaine public

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