Mystère et passion, un juste mariage

Cet article participe à un événement inter-blogueurs ayant pour thème «mes passions». Nous remercions Myriam 🙂 du blog Vibrer par l’art, qui a posé la question : comment arriver à partager sa passion avec les siens.

 

« Lorsqu’on tombe amoureux l’autre apparaît toujours plein d’une vie débordante. Il est en effet l’incarnation de la vie dans l’instant de sa création, dans son élan, la voie vers ce que l’on n’a jamais été et que l’on désire être. L’aimé est donc toujours une force vitale libre, imprévisible, polymorphe. Il est comme un superbe animal sauvage, extraordinairement beau et extraordinairement vivant. Un animal dont la nature n’est pas d’être docile mais rebelle, n’est pas d’être faible, mais fort. »

Francesco Alberoni

On voit sur les sites de rencontre

… que le critère pour trouver la perle rare est d’avoir des passions communes. Chacun cherche un partenaire qui puisse partager les mêmes passions que lui/elle, comme un critère pour faire le bon choix.

Je pense tout le contraire. Si j’avais une liste de critères pour trouver un homme, je chercherais justement, comme propose John Gray dans Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, des hommes qui ont des passions bien différentes des miennes. Ainsi nous aurions tous les deux l’impression de découvrir un autre univers, chaque partage serait plein de nouvelles étincelles et de nouveaux parfums.

Oui, la place de la passion dans le couple est essentielle, elle enrichit chacun des amoureux.

Aux extrêmes, il y a les couples qui partagent toutes leurs passions et il y a ceux qui n’ont aucun terrain d’entente dans ce domaine.

Il y a aussi deux autres modèles, plus équilibrés

L’un est proche de l’amour domestique : modèle connu par Hollywood, les deux amoureux sont fusionnels et partagent les mêmes passions. Et ils aiment ça.

L’autre modèle moins connu, est celui du couple qui entretient un amour sauvage, l’amour naissant, que décrit Albéroni dans la citation plus haut. Dans cet amour, une certaine distance est essentielle, cela permet de garder le mystère. Chacun vit sa (ses) passion, et de temps en temps, l’un embarque l’autre dans l’aventure qu’il vit par sa passion, sans pour autant lui demander de l’adopter !

Passion et amour sauvage, Jose Chavez, unsplash.com

J’ai découvert l’amour sauvage

… en lisant, il y a quelques années, Je t’aime, de Francesco Alberoni.

Cette découverte a complètement changé ma vision du couple et de l’amour. Tout ce que je croyais être bon de partager avec l’autre est tombé à l’eau. Les images, les croyances que j’avais sur la relation amoureuse durable sont devenues fades. En fait, ces croyances étaient fausses.

Hollywood et les contes de fées avaient modelé en moi une vision du couple fusionnel, qui convient pour le cinéma mais pas pour ma vie bien réelle.

D’ailleurs, #marredecendrillon, je rêve qu’un jour nous puissions voir au cinéma des films qui enrichissent la vie des enfants, en les aidant à construire une vision saine du couple. Des films qui les aident aussi à trouver la bonne personne avec qui s’engager, avec toutes les billes nécessaires pour la vie de couple.

Cette découverte m’a mise dans un désir croissant et profond de connaître l’état amoureux décrit par Alberoni, ce qui me fait croire aujourd’hui que la place de la passion est au cœur de la vie des amoureux sans pour autant avoir besoin de transformer l’autre en jumeau, “identique à moi”, en clone.

Pour moi, la place de la passion est essentielle, non dans le même mais dans la différence.

Je m’explique : ce n’est pas parce que je suis passionnée de développement personnel que je dois inviter mon mari à ma réunion entre femmes. Ni sentir que je l’exclus de ma vie si je ne passe pas 2 heures à lui raconter tout ce que j’ai appris, tous les échanges que j’ai eu durant mon dernier stage sur l’amour et l’attachement.

Mes désirs, mes passions créent mon identité

Et me distinguent de mon homme. Je sais qui je suis et ce que j’aime, moi. D’ailleurs, cela ne m’empêche pas de partager à l’occasion avec lui quelque chose qui peut l’intéresser.

En revanche, le fait de prendre du temps pour ce qui me passionne me rend à ses yeux comme une femme qui a un plus, un avantage par rapport aux autres. Sans dire que je vois bien chaque jour toute l’admiration qu’il a pour moi quand je fais ce qui me passionne vraiment, quand je suis dans mon axe.

Dans ces moments là je suis pleinement vivante et mon énergie débordante lui donne l’impression que c’est facile de me rendre heureuse.

Nos passions propres à chacun nous donnent beaucoup de vibrations positives. Quand je suis conviée pour le voir jouer en compétition (il pratique le foot), je ne suis pas sur le terrain, pourtant mon cœur y est. J’adore. Lui aussi se sent très valorisé. Je ne manque pas de lui faire savoir comme il a été performant et magnifique.

Le fait de ne rien partager (ou presque pas) sur ce que j’ai vécu, lui laisse un petit goût de mystère, de curiosité, de désir.

Mon modèle de couple idéal et moderne

Le modèle qui me convient actuellement est celui où chacun est heureux, autonome et décide de vivre sa vie en compagnie de l’autre. Mon mari n’a pas l’obligation de me rendre heureuse. Il est un élément essentiel à mon bonheur, mais je ne lui demande pas d’en être le responsable.

Être une femme passionnée est signe que je suis bien dans mes baskets et cela donne du goût à notre relation.

Quand nous nous retrouvons, il y a toujours quelque chose de nouveau à échanger. Ce n’est pas une interdiction de partager, comme dans les couples extrêmes dont nous avons parlé plus haut. C’est cette attention que j’ai, à l’égard de lui, d’être toujours un peu sobre dans mes partages.

J’épice nos retrouvailles en partageant sur mes passions sans pour autant être dans un déferlement de mots, avec une description complète de ce qu’on m’a dit et de tout ce que j’ai fait ou vécu avant de le retrouver. Même s’il me pose des questions, je me laisse le droit de ne pas répondre, quand cela ne me convient pas.

 

Verratti-but-Barcelone

Mon mari est passionné de foot

Il est abonné à So Foot (vous connaissez ? moi je ne connaissais pas non plus !!!) et il joue beaucoup au foot. Ça ne m’est jamais passé à l’esprit d’aller avec lui m’inscrire à une école de foot pour le suivre. Il s’agit bien de sa passion, non de la mienne. Il a tout mon soutien. Je ne l’embête pas quand qu’il veut jouer 2 fois par semaine au lieu d’une. Au contraire, je l’admire et je le trouve très beau dans son maillot. D’ailleurs, à son anniversaire, j’ai fait faire un gâteau aux couleurs du PSG et je lui ai offert un maillot du Brésil 🙂

Pour moi, la place de la passion dans ma vie de couple donne de la couleur à chacun en laissant le jaune bien jaune, le bleu bien bleu, sans qu’il y ait mélange et transformation en vert.

Bien sûr qu’il y a un prix à payer

Si je suis passionnée de montagne et que mon conjoint pas du tout, à un moment, l’un partira à la montagne et pas l’autre. Et cette autonomie bonne et saine peut être pour certains couples un prix élevé à payer. Parfois bousculant dans certains milieux. Je connais des couples pour lesquels passer quelques jours, quelques semaines loin l’un de l’autre n’est pas acceptable. Imaginer seulement que l’autre partira seul faire du ski ou de la randonnée : et voilà qu’un un sentiment d’abandon ou de rejet qui fait surface.

Hello

Alors, quoi faire, me diras-tu ?

Priver l’autre de ce qu’il aime ? subir cette émotion douloureuse et le laisser partir ? Cette expérience qui pouvait m’arriver il y a quelques années, est liée à un manque d’autonomie et montre dans quelle forme de dépendance je suis.

Personne n’est condamné à un amour fusionnel. Chacune de nous a le droit de grandir en estime de soi, en sentiment de sécurité. Que mon homme soit près ou loin, je suis bien, je suis en paix.

Je suis partie récemment en vacances 5 jours, voir des amies chères. Cela m’a énormément nourrie. À aucun moment je ne me suis sentie abandonnée ou rejetée par mon homme. Au contraire nos retrouvailles ont été encore plus heureuses. Ça n’était pas toujours comme ça avant. Je sens que j’ai bien avancé. Il y a 10 ans, j’aurais été dans un manque atroce, comme les personnes droguées et je pouvais imaginer une foule de scénarios :

  • “il va rencontrer une autre femme et me quitter à mon retour”
  • “s’il ne me rappelle pas c’est mauvais signe, il faut qu’il me rappelle tous les jours”

Je sais que cette sécurité profonde s’est ancrée à la suite d’un travail sur moi, quand je me suis faite accompagner. Autrement, je risquais de passer le reste de ma vie à sentir cela sans jamais savoir que ce n’est pas naturel et que c’est possible de guérir.

 

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Pour continuer sur les passions

retrouve les articles des blogueurs de ce rendez-vous inter-blogueurs :

Faire de nos passions la priorité pour une vie harmonieuse et équilibrée !

Comment arriver à partager une passion avec les siens (sans « saouler » tout le monde) ?

Transmettre sa passion de la musique à ses enfants

Un nouveau mode de vie grâce à ma passion pour la spiritualité

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