(No)sex en début de relation : l’art de garder son homme

J’ai envie de parler sans détour sur ce sujet si complexe sur la place et le rôle de notre sexualité au début de la relation amoureuse. Certaines de vous se sentiront peut-être moins directement concernées… cependant je crois que chacune de nous a un avis ou une expérience sur la question !

Pour commencer

En échangeant avec des femmes mariées ou célibataires, j’ai entendu toutes sortes de discours sur le sujet.

Certaines ne savent pas, elles disent qu’elles verront bien sur le moment.

Certaines ont eu de bonnes expériences sexuelles, d’autres sont encore habitées par des expériences moins heureuses, des peurs, des idées reçues qui les handicapent.

Certaines sont à l’aise pour en parler. D’autres sont gênées.

Certaines se réfèrent à leur appartenance religieuse et disent vouloir s’abstenir avant le mariage. Elles pensent pourtant que c’est une des raisons pour lesquelles elles sont encore célibataires : ce choix dissuaderait les hommes de poursuivre une relation amoureuse avec elles.

Mais, au fait ? Quel est le rôle de la sexualité au début de la relation ? Quelle place lui donner ?

“Faut-il”, oui ou non, avoir des relations sexuelles au début d’une relation ?

Pour moi, c’est non.

Et voici mon avis, si on veut garder son homme

Ce n’est pas une obligation, c’est un choix avisé ! “Mon corps, c’est mon corps”, pour reprendre le titre de cette vidéo -vintage, vous êtes prévenues- si importante à montrer aux enfants (et aux grands !), c’est bien moi qui décide ce que je fais de mon corps et si je décide de le respecter, c’est en pleine conscience.

Est-ce que c’est moi qui décide pour ma vie ? Mon choix est-il en accord avec moi-même ? ou bien est-il dicté par peur du regard des autres ? pour correspondre à ce que mon boss, mes proches, mes amis attendraient de moi ?

Je nous invite à nous poser chacune la question, à investir nos choix de vie en fonction de nos désirs, nos désirs profonds.

J’ai cherché des réponses, je me suis formée, j’ai lu

… j’ai aussi fait des erreurs et voici ce que j’ai appris : si je décide d’avoir des relations sexuelles avec un homme le premier soir (disons les premières semaines, les premiers mois) et qu’au fond de moi mon désir est de construire une relation durable, ce qui va probablement se passer avec lui sera probablement tout l’inverse.

Car le premier jour de notre rencontre amoureuse, je peux ressentir du désir, ce qui est naturel, mais je ne sais rien encore sur mon sentiment amoureux, sur l’amour naissant, comme en parle notre chouchou Alberoni. Mon sentiment est trop frais pour que je puisse décider si oui ou non, je vais construire quelque chose avec cet homme. Et lui aussi d’ailleurs en est probablement au même point : s’il a du désir pour moi, ça ne veut pas dire qu’il est fou amoureux. Et même s’il l’était, il ne saurait pas s’il veut construire une relation durable avec moi.

Pour garder son homme dans une relation, il faut du temps et du lien.

C’est après 6 mois, plus au moins, comme l’indique Aliette de Panafieu dans sa conférence sur L’amour en tant qu’expérience (je vous invite à aller l’écouter), pour qu’un homme puisse sentir son désir profond, sentir un manque pour avoir envie de s’engager avec une femme. Si la relation passe du désir à l’intimité sexuelle trop vite, des étapes risquent d’être brûlées et l’homme finit par avoir peur de ce trop d’intimité (et nous les femmes serons nous aussi peut-être perdues dans nos priorités de vie).

Un puissant désir de garder mon homme amoureux

Cette leçon m’a beaucoup aidée et j’ai tellement désiré vivre l’expérience de l’amour naissant que j’ai eu la chance de la vivre.

Alors, je souhaite à chacune de désirer vivre cette expérience.

Je suis tombée amoureuse de l’homme qui est mon mari aujourd’hui un 2 juin, (nous nous sommes mariés un 2 juin, deux ans plus tard jour pour jour !) et tout de suite, j’ai su que c’était un choc amoureux. Lui aussi est tombé amoureux. Et quand il m’a demandé de l’embrasser pour la première fois, je lui ai dit que je ne savais pas où j’en étais dans mes sentiments amoureux pour lui et qui si je l’embrassais un jour ce serait parce que je serais sûre de vouloir être en couple avec lui. Comme je n’étais pas sûre et que j’avais besoin de me respecter, je ne pouvais pas faire cela avec lui, avoir du plaisir pour le plaisir, faire semblant de l’aimer.

Ça c’est mon histoire, vous allez me dire. Je vais pourtant ajouter que ça n’avait rien à voir avec un flirt d’adolescents, j’avais 35 ans.

Plus jeune, je n’avais pas préparé le terrain

Avant la trentaine, aucune de ces questions ne me traversait l’esprit. J’étais insouciante et je ne cherchais pas forcement à vivre l’expérience amoureuse. D’ailleurs, je ne savais pas qu’elle existait. Je ne savais pas distinguer les différents modes de relation avec un homme. J’étais encore dans “je l’aime bien et il m’aime bien, si ça marche : c’est bingo, on sort ensemble, il deviendra mon amoureux ou ça restera un flirt”. La love story était uniquement celle des studios d’Hollywood (et je sais que certaines d’entre vous vont se reconnaître), c’était comme le fruit du hasard, je ne pouvais pas savoir la suite.

D’ailleurs, je ne savais pas que c’était à moi de décider. Mes parents ne m’avaient rien transmis sur cela. Soit j’avais peur d’être rejetée, soit j’avais envie d’être dans les bras. Comme je suis née au Brésil, j’avais une permission culturelle d’être dans une relation amoureuse. Il n’y avait aucun problème à être en couple avec un homme qui ne voulait pas s’engager.

Sous la couette

Mes expériences adolescentes

Adolescente, j’étais dans des relations de dépendance et immatures. Tout était expérience. L’apprentissage ne se passait pas par des lectures mais par des histoires plus au moins heureuses, parfois même douloureuses. Mes amourettes se terminaient simplement ou alors c’était le drame, comme ce grand amour que j’ai vécu à 20 ans. Quand ça s’est terminé, j’ai cru mourir, j’ai perdu 9 kilos, je pleurais tous les jours. Avec du recul, je pense que toutes ces larmes m’ont sauvé la vie. Après ce drame, j’ai passé 7 ans sans m’intéresser à la gent masculine, je me posais la question d’une vocation religieuse.

A propos de religion

Quand une femme dit à un homme qu’elle ne veut pas avoir de relations sexuelles à cause de la religion et non parce qu’elle ne souhaite pas aller trop vite, je pense qu’elle risque d’utiliser de son pouvoir pour contrôler l’homme et la relation.

Oui, je fais l’hypothèse qu’il s’agit de contrôle, de pouvoir sur l’autre, non d’un contact avec un besoin profond d’avoir du temps. Ma peur, c’est qu’on puisse prendre cela pour une fausse excuse et ne pas grandir, ne pas assumer ses émotions, peut-être même rester petite fille qui se cache derrière cette position.

Il y a une puissance dans la femme qui resterait cachée, tant qu’elle n’est pas libérée de la frayeur qui l’habite (je vous invite à lire Le complexe de cendrillon).

Un homme, avec un discours pareil, risque de se sentir piégé, au lieu de se connecter avec son besoin d’aimer.

Si l’homme peut avoir des relations sexuelles sans être amoureux, la femme doit se poser la question de son intention, de ce qu’elle souhaite vivre avec lui.

Pour moi, dire non au sexe tout de suite a été la chose la plus difficile que j’ai eu à vivre de toutes mes expériences amoureuses. J’avais la fâcheuse tendance de rentrer dans le désir de l’autre. Aujourd’hui je me poserais la question : est-ce que cela me fait oui ou non ?

Et cette question est valable tout le temps !

Apprendre à se respecter et à être en contact avec ce qui se passe en moi est un travail de longue haleine, même après le mariage.

Je pense à une copine qui me partageait sa désillusion, car le mariage n’a pas arrangé les difficultés qu’elle avait, ses casseroles étaient toujours là même après le mariage. Dans le conte de Cendrillon, une fois qu’elle met la pantoufle de verre et qu’elle monte sur le cheval du prince, elle devient sûre d’elle, heureuse et épanouie… alors que dans la vraie vie, la vie à deux ne nous guérit pas forcément de nos manques d’estime de nous-mêmes, nos compulsions alimentaires et nos manques de confiance en nous.

Alors, pas la peine d’attendre le mariage comme une voie de salut pour connaître le bonheur ! le mieux est encore de me mettre en route tout de suite !

Je suis profondément reconnaissante pour les personnes qui m’ont accompagnée, car j’ai pu à la fois guérir, réparer, m’outiller pour l’avenir et cerise sur le gâteau, me marier avec un homme qui me convient à 100%, construire avec lui une vie de couple qui nous ressemble, en évitant de répéter les erreurs de nos parents.

Pour garder mon homme, Confiance et à l’action

Amour naissant, émotion amoureuse, choc amoureux, affection, amour maternant, attirance physique, choisir l’autre avec sa tête, amour raisonnable, etc. : ces différentes expériences de l’amour étaient indistinctes pour moi durant longtemps. Si j’ai un mérite, c’est celui d’avoir décidé de me mettre en route, d’agir, en étant aidée, et avec différentes lectures, et de désirer également sincèrement de vivre, moi aussi, cette expérience.

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4 Comments

  1. Bonjour Luciane,

    Un grand merci pour cet article tres interessant.
    En general, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des femmes hors mariage, meprisent ces femmes. Il est meprisable effectivement d’avoir des rapports sexuels hors mariage, mais ce n’est pas la femme qui est meprisable, c’est l’homme. Car l’homme ne cherche qu’à resoudre sa frustration sexuelle automatique (se soulager, faire baisser la pression de la journee). Il ne cherche qu’à instrumentaliser sa partenaire sans amour.
    Comme l’indique Christopher West dans son livre « bonne nouvelle sur le sexe et le mariage » : les expressions d’affection doivent etre appropriées au stade de la relation et ceci meme dans le mariage.
    La video avec les enfants et les animateurs est loin d’etre mievre. Car elle semble indiquer que dire non, c’est le dire, dire non! tout simplement, sans gigoter et sans faire une periphrase pour refuser.
    A bientot

    1. Voilà qui a le mérite d’être clair, au moins !
      Merci pour ton retour sur la vidéo « Mon corps, c’est mon corps ».
      Seulement, nous n’allons pas laisser passer la généralisation sur les hommes et les jugements sans réagir !
      Personne n’est méprisable. Et nous sommes toutes les deux saisies par ce que tu dis sur ta vision des hommes. A revoir d’urgence !!! et à chacune de nous de balayer devant notre porte pour voir ce qui traîne encore de nos propres représentations, véhiculées par nos mères, nos grands-mères, nos tantes…
      Ici, nous ne parlons pas du mariage, qui est un autre sujet, et qui a à voir avec le social.
      Ici, nous parlons de la construction de l’intimité dans le couple.
      Geneviève et Luciane

  2. « Quand une femme dit à un homme qu’elle ne veut pas avoir de relations sexuelles à cause de la religion et non parce qu’elle ne souhaite pas aller trop vite, je pense qu’elle risque d’utiliser de son pouvoir pour contrôler l’homme et la relation. »
    Peut être que c’est un risque, mais si dans ma religion coucher avant le mariage est un péché et que je souhaite être en accord avec moi-même, il faut bien que j’en dise quelque chose… Si je dis que c’est parce que je veux prendre le temps, il me semble que ce n’est pas honnête non plus… Alors que dire ?

    1. chère Marie, la question n’est pas de dire ou de ne pas dire. De toute manière, en aucun cas nous allons te dire ce que tu dois faire, ça serait du contrôle de notre part.
      Ce qui nous importe, c’est que tu puisses avoir ce niveau de maturité et de discernement qui te permette de savoir quand tu es dans une posture respectueuse vis à vis de l’autre ou quand tu risques d’instrumentaliser l’autre, la relation, ta religion elle-même.
      En te lisant, j’ai l’impression que tu as beaucoup de questions profondes qui t’habitent. Est-ce que tu as déjà envisagé de prendre RDV pour les partager dans le but de trouver les réponses qui vont t’aider à avancer ? http://encouplesimone.com/besoin-de-conseil/

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