Quand la peur m’aide pour être en couple

Je me suis dit qu’il fallait vous partager toutes les découvertes exceptionnelles que j’ai faites sur la peur au cours de mon évolution de ces dernières années. Peut-être que vous serez étonnés comme moi : la peur n’est pas une émotion “négative”, ni une ennemie, ni une indésirable.

Pour réhabiliter la peur

La peur est une bonne compagne de route vers la réussite de mes projets de vie, spécialement le projet de vie commune, bien entendu !

Durant mon enfance, je croyais qu’il fallait être courageuse, ne pas dire ni montrer ma peur. Ce n’est pas qu’elle n’existait pas ou qu’elle n’avait pas de place, mais c’était plutôt mauvais d’avoir peur, avec des phrases comme “il ne faut pas avoir peur”, “ce n’est rien”, “c’est pas grave”, … comme si ma peur faisait peur aux adultes !

 

En grandissant avec l’idée que c’est mauvais de ressentir cette émotion, j’ai finit par anesthésier ma peur, mes peurs, et aussi toutes ses sœurs, l’angoisse, l’anxiété, l’inquiétude… à croire que nous ne sommes pas des êtres vivants, mais que nous serions faits de plastique ou de caoutchouc, un peu dur et imperméable.

 

J’ai joué longtemps au “même pas peur” et cela m’allait bien de raconter mes frayeurs avec un sourire aux lèvres. Je ne partageais jamais à mes proches les émotions que je vivais, quand j’étais au collège, à l’université ou dans mes premiers boulots.

 

Aujourd’hui, avec le recul, j’ai une autre lecture de mon histoire : j’avais tellement d’émotions enfouies en moi que je pouvais me bloquer le dos, avoir des tensions monstres au niveau du cou, perdre la mémoire et ni ma mère, ni mes sœurs, ni mes profs ne s’en inquiétaient, personne ne faisait le lien avec les émotions que je vivais.

La peur, mon amie ?

Oui ! C’est la première leçon que j’ai apprise.

La peur est notre amie, la peur est mon amie.

Eh oui, elle n’est pas contre moi, elle est là à ma faveur, elle existe pour me mettre justement en route. Nos ancêtres, grâce à la peur qu’ils sentaient au niveau du ventre, fuyaient s’ils étaient en présence d’un prédateur. Aujourd’hui nos dangers nous font ressentir les mêmes déferlements hormonaux, même s’ils sont aussi d’ordre imaginaire, même s’ils ne sont pas rationnels…

Seulement, la peur n’est plus là pour nous dire de fuir, elle est là pour nous mettre en route vers ce qui est important pour notre vie.

C’est parce que j’ai eu peur de faire du sur place que j’ai commencé à lire pour mieux comprendre comment je fonctionnais, pour ouvrir ma façon de voir le monde et clarifier mes choix de vie. Sans ce temps de réflexion et travail sur moi, je serais peut-être encore aujourd’hui dans des questionnements sans vraiment de réponse, ou peut-être dans un engagement religieux par défaut, sans savoir pourquoi aucune de mes relations amoureuses n’avait abouti.

La peur de vieillir seule et de ne pas avoir d’enfants m’a aidée à rester fidèle à ce que j’ai mis en place pour nourrir mon désir d’enfant. Il m’a suffit de 8 mois pour que je puisse sentir ma peur et mon puissant désir d’être maman : en faisant des collages, en participant à un groupe de parole, en écrivant chaque matin et en faisant beaucoup d’autres petits exercices ou nouvelles expériences.

Ce que j’ai réussi à débloquer en 8 mois risque de rester un blocage à vie, comme chez certaines de mes proches.

La peur est une indicatrice

Plus récemment, j’ai appris que la peur est comme un bon signe. Grâce à elle, je peux sentir la direction où je dois aller. Un coach que j’aime beaucoup tient ce discours : “si tu sens de la peur, c’est que c’est là que tu dois creuser, pour trouver ton véritable désir”. Une thérapeute m’a aussi dit un jour que la peur est à la hauteur de nos désirs : plus la peur est grande, plus grand est le désir.

La peur n’est pas là pour me paralyser, mais bien pour me mettre en mouvement.

Peur n’est pas inhibition

La peur est toujours à distinguer de l’inhibition, ce sont deux sœurs, mais qui n’ont pas la même fonction dans notre vie.

La peur a besoin d’être exprimée, comme toute émotion. Il suffit de la dire pour débloquer de l’énergie et bouger. Alors que l’inhibition me paralyse et m’empêche d’avancer.

Parfois, je ressens nettement de l’inhibition et ça devient immédiatement évident : je suis comme que figée, je n’avance pas. Et si j’arrive alors à contacter ma peur, je retrouve tout de suite une belle énergie pour investir mes projets.

Mon expérience

À 20 ans, j’ai vécu une rupture amoureuse qui a été un drame affectif. J’avais comme un mur de peur devant moi et cela m’empêchait d’être en relation avec un autre homme, parfois même d’être en relation tout court. J’étais beaucoup dans le “faire”, rarement à “être” ou à sentir. Cela a duré 7 ans, je vivais sans ancrage, je n’arrivais pas à avoir des relations amoureuses et c’était un moyen inconscient de laisser les personnes bien loin de moi. J’avais peur et ma peur était toujours entre moi et tous ceux que je croisais.

Certaines femmes que je rencontrent aujourd’hui me rappellent celle que j’ai été, à cette époque. J’ai de la gratitude de pouvoir maintenant ressentir ma peur et d’exprimer jusqu’au bout cette émotion en étant accompagnée.

Peur de l’intimité

Je sens de l’attachement pour mes filles, mon mari, mes amis et je suis bien plus à l’aise qu’avant en situation d’intimité. Certains hommes, comme le dit Gérard Leleu dans La mâle peur, ont tellement peur de l’intimité, qu’être avec une femme qui parle beaucoup leur donne l’impression de disparaître… (Mesdames, souvenons-nous : « la parole est d’argent, le silence est d’or ».)

Le contrôle, pour ne pas sentir la peur

Il y a les femmes qui ont tellement peur d’être contrôlées qu’elles veulent contrôler tout le monde autour d’elles.

Le contrôle était dans ma vie un “petit détail” (!) que je ne savais pas identifier et comme j’avais fait des études poussées, je pensais que c’était mon intelligence ou mon indépendance qui faisait peur aux hommes… alors que c’était ma peur d’être contrôlée. Cette difficulté venait plus du côté de l’éducation très sévère que j’ai reçue que de ma formation.

Mes peurs d’enfant

Je partage certaines de mes peurs avec mon amoureux, et au début, le fait qu’il soit plus jeune que moi m’a aidée à ne pas être trop effrayée par la peur des hommes que je ressentais très souvent et qui me paralysait.

Ce sentiment, qui était plus du côté de l’inhibition que de la peur, cette énergie bloquée ne me servait à rien, sauf à me signaler que j’avais à me séparer de ma mère, pour être plus libre pour construire une relation d’adulte à adulte avec un homme, au lieu de vivre en petite fille effrayée.

Soit j’avais trop peur d’être rejetée, soit j’avais peur d’être abandonnée, deux émotions bien familières, mais qui venaient plutôt de ma petite enfance, non de mes relations de couple.

Mes peurs en miroir

Une autre découverte que j’ai faite sur la peur concerne cette façon biaisée de visualiser mes peurs.

Je disais j’ai peur de ne pas trouver d’homme, alors que c’était l’inverse :

j’avais vraiment peur d’en rencontrer un, un vrai !

Parce qu’être sans homme dans ma vie je savais bien ce que c’était et je le vivais très bien, alors que d’être en couple, avec un homme, ça, oui, je ne savais pas ce que c’était !

Ma peur était bien plus celle d’être en couple que de rester célibataire.

 

C’est en avouant mes peurs, en étant vraiment honnête avec moi, que j’ai vu comment je me trompais moi-même.

Identifier mes peurs, voilà déjà le début du changement…

Confiance et à l’action !

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