Faire confiance, après la violence

Chère Simone, je voudrais traiter d’un sujet important pour une vie de couple épanouie : la confiance.

Je choisis de t’en parler en partant d’une expérience délicate qui concerne bien plus de femmes qu’on ne l’imagine : les violences sexuelles vécues durant l’enfance (attouchements d’un(e) nounou, relations incestueuses entre frères et sœurs, abus d’un parent, cousin, oncle, voisin…)

C’est tellement difficile d’en parler sans exposer le jardin secret des unes et des autres… Moi-même, je ne peux pas parler des violences que j’ai connues enfant, car les personnes sont encore en vie et peuvent tomber sur cet article.

Mon seul avantage, c’est que je viens du Brésil et que les articles, je les écris en français ! Alors, pardonne-moi le flou que je laisse autour de ces partages d’expérience, dû à ce besoin de discrétion.

Avant de rentrer dans le vif du sujet

Laisse moi t’inviter à nous rejoindre dans notre groupe de femmes sur Facebook – Workshop avec Luciane et Geneviève. Nous avons créé ce groupe pour te guider dans la réalisation de ton projet de couple pour 2017 et pour nous booster les unes les autres avec un accompagnement de qualité.

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Une condition pour faire alliance…

Pour faire alliance, comme Aliette de Panafieu le souligne si bien au début de sa conférence sur le couple, nous avons terriblement besoin de pouvoir faire confiance à l’autre.

Quand il y a eu violence sexuelle, comme dans les situations de dépendance affective, il est question de contrôle et donc, de manque de confiance en l’autre.

Le constat le plus douloureux, c’est que si nous sommes nombreuses à avoir subi des violences sexuelles étant enfant, la majorité d’entre nous n’a pas encore fait le lien qu’il y a entre ce vécu traumatique et notre difficulté à faire confiance. Cette prise de conscience est vitale. C’est elle qui permet d’être dans une vie de couple fonctionnelle.

Même si je fais tout bien comme il faut, que je me fais accompagner, que je travaille sur moi, que j’ai lu des livres pour connaître le mode d’emploi de la vie à deux… si au fond, je ne fais pas confiance à l’autre, ça ne peut pas marcher !

Au fond, si je ne fais pas confiance à l’autre, ça ne peut pas marcher !

Sans la confiance…

Sans la confiance, je ne peux pas être dans une alliance authentique. Quelque chose chez moi est encore malhonnête, pour reprendre l’expression de Robin Norwood, auteur du livre Ces femmes qui aiment trop.

Sans la confiance, je suis en grande difficulté à vivre l’intimité avec un homme, qu’elle soit sexuelle ou non.

Comment vais-je être capable de regarder l’autre, de tomber amoureuse de lui, alors que j’ai tellement peur qu’il sache, que mon secret intime soit dévoilé ?

Ou encore, ce qui m’est arrivé durant des années, je vais me couper de mon corps pour ne pas sentir mon mal être. Pour mieux contrôler, je vis dans ma tête (si je suis plutôt cerveau gauche) ou comme d’autres femmes que je connais, je plane (si je suis cerveau droit).

Ma peur d’être contrôlée me pousse à prendre moi-même le contrôle. Il est à la mesure de mon manque de confiance.

Vais-je traîner ce manque de confiance à vie ?

C’est possible.

Je veux dire par là qu’avoir confiance n’est pas une question de donner du temps au temps.

Les émotions provoquées par l’abus sexuel restent bloquées ou refoulées dans mon fort intérieur. Or, toute émotion a besoin d’être exprimée. Cette peur ressentie, cette colère, ce dégoût ne vont pas s’évanouir d’eux-mêmes. Même si je ne les sens pas (encore), ces émotions pompent mon énergie et me mobilisent sans que je m’en aperçoive.

Si j’ai subi des attouchements, un viol, du forçage alimentaire, ou d’autres violences intrusives, j’ai besoin de pleurer, d’exprimer ma colère, ou encore d’être entendue par un thérapeute ou un groupe de soutien.

C’est très difficile de le dire, mais c’est une réalité : toute tentative de pénétration forcée dans le corps d’un enfant est vécue comme un viol !

J’invite chacune qui se reconnaît dans cette difficulté à faire confiance à revisiter son histoire familiale, spécialement son enfance. Surtout si tu ne te rappelles de rien. Notre cerveau est très fort pour nous protéger par l’oubli.

Faire le deuil

Et enfin, mon plus grand besoin et le plus difficile à satisfaire, c’est de faire le deuil de toute reconnaissance parentale !

J’arrête de compter là-dessus. Jamais, je ne vais entendre mes parents reconnaître la violence de ce qui m’est arrivé. Ni les voir reconnaître leur responsabilité dans les difficultés de ma vie actuelle, à cause de ce que j’ai vécu.

C’est un constat douloureux. Certaines femmes peuvent passer toute leur vie à attendre cette reconnaissance. Elles sont dans un constant va et vient, entre leur désir d’être responsable à 100% de leur vie et les fréquentes régressions où elles jouent le rôle de victimes ou de petites filles : “Je vais mal, parce que si j’allais bien, ça serait trop facile pour mes parents, il faut qu’ils payent”.

Ces sont ces femmes qui ont le plus besoin d’aide pour avancer. Si ce partage te parle personnellement, alors vite, passe à l’action.

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