J’ai décidé d’arrêter de contrôler

As-tu déjà entendu quelqu’un réagir à tes propos

et tout de suite, sans réfléchir, tu as déjà commencé à te justifier :
“Non, ce n’est pas ça, tu n’as pas compris !”
“En fait, tu ne peux pas savoir, tu ne sais pas ce qui s’est passé… si je t’ai dit ça, c’est parce que…”

Je suis sûre que plus d’une d’entre nous va se reconnaître dans mes mots !

… Qui n’a jamais eu cette envie furieuse de contrôler l’autre et de l’empêcher de me contrôler, de dire ce qui se passe pour moi ?

Je contrôle… partout !

Dans la relation à deux, je peux aussi être dans cette posture de contrôle et ne pas être dans la capacité d’accueillir l’autre comme il est, et les événements comme ils sont.

Par exemple, quand je lui dit, à lui aussi : “Non, ce n’est pas ça, tu n’as pas compris !

Je peux être dans le contrôle dans mes pensées aussi, spécialement en début de relation. Et là, au lieu d’accueillir l’amour naissant, de sentir ce que ça me fait d’être avec cet homme, je vais commencer à me poser des questions :
« Il a été au chômage l’année dernière, est-ce qu’il va être capable d’assumer une famille ?
Sa famille est d’un autre milieu que la mienne, est-ce que ça peut marcher ?
Il n’a pas la même religion que moi, etc. »

Et bien d’autres questions qu’on peut se poser, au lieu de faire confiance.

Et là, ce sont les peurs qui font surface.

Peur d’être rejetée, peur que ça marche pas, peur de perdre son temps, et surtout peur d’être contrôlée.

Plutôt contrôler que de prendre le risque d’être moi-même contrôlée.

Vous voulez un tableau ?

Il va me faire un compliment, je vais lui dire : “ah non, c’est rien”.

Il va me proposer de faire un tour en moto, je vais lui dire que j’ai trop peur.

Il va choisir un bar pour écouter de la musique, je vais lâcher quelques critiques et me plaindre de ce que je n’aime pas de ce lieu.

Il va me proposer de me rendre un service, de m’acheter cette crème dont j’ai besoin, je vais penser : “non, c’est pas la peine, il va pas savoir la trouver”.

Il va faire le repas, et je vais commencer à lui dire : “tu as mis assez de sel ?”

En voiture, quand il conduit, je vais intervenir et lui dire : “tu devrais passer par là, c’est plus rapide”…

Je vais dire : “Si tu veux, on peut aller au restau, non, mais ça va, pour ton budget ? non, parce qu’on peut y aller une autre fois sinon… pour moi, c’est ok.
De toute manière, tout me va ! On peut aller à la pizzéria. Oh, on peut aller au japonais aussi. Enfin, c’est comme tu veux.”

Voilà ce qui se passait avec toute personne

Ma peur d’être contrôlée ou d’être jugée était tellement grande que je réagissais au quart de tour.

Et petit à petit je me suis fermée, pour ce qui concernait mon cœur, je ne pouvais partager ni mes sentiments ni mes préoccupations.

J’ouvrais la bouche uniquement pour donner des conseils (parfois même si l’autre ne m’avait rien demandé).

J’étais tout le temps en train d’analyser, d’expliquer, d’essayer de comprendre. Mon cerveau gauche était tellement aux commandes de ma vie que je ne pouvais plus rien sentir.

Mon cœur était devenu un glaçon, je ne sentais rien, car sans m’en rendre compte, je m’étais anesthésiée.

J’étais en train de me leurrer

Je croyais avancer en faisant une psychothérapie avec une psychiatre, que je ne payais pas (merci la Sécu), et qui m’écoutait sans me dire aucun mot.

Cela a duré 3 ans. Cela m’a permis de m’ouvrir, mais cela ne m’a pas du tout faite avancer !

“Silence pendant les retours”

C’est quand je me suis faite accompagner et que je me suis formée que j’ai commencé à changer !

Ma nouvelle thérapeute m’a dit dès le premier jour : “silence pendant les retours”. J’ai profondément pris conscience de mon contrôle et de mon grand besoin d’apprendre à écouter et à faire silence !

J’accueille ce que me dit l’autre, comme un cadeau qu’il/qu’elle me fait. Je laisse infuser. Si cela sonne juste, cela va m’aider. Si le retour est à côté de la plaque, je vais l’oublier.

J’étais dans une forme de violence

J’ai appris par la suite que mon ancienne manière de faire était en fait de la VIOLENCE, en étant dans le contrôle. Et si je voulais changer, je devais commencer par arrêter de vouloir contrôler les autres, arrêter de leur donner des conseils sans qu’ils me le demandent, renoncer à vouloir convaincre ou comprendre (ce qui serait de la manipulation)…

Et surtout…

Il était temps pour moi

  • de commencer à être dans ma vie,
  • d’habiter ma vie,
  • de sentir ce qui se passe pour moi,
  • d’être davantage dans mon cœur que dans ma tête…
  • dire STOP à ce vélo qui se met en route dans ma tête,
  • oser prendre des risques…

… et faire confiance, même si je ne sais pas tout, même si je ne comprends pas tout !

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4 Comments

  1. Merci pour cet article si juste.
    Il me permet de comprendre certaines subtilités de ce qui est crucial pour une relation respectueuse et plus belle.
    Avec l’autre et moi même.

    C’est bon de se rappeler, que vivre sa vie n’a rien à voir avec le fait d’essayer de s’assurer des résultats, de ce vivre!
    Bien au contraire.

    1. Merci Iris Nina ! Heureuse de savoir que ça t’a plu, que ça t’apporte quelque chose dans ta vision de la vie, de la vie de couple en particulier. Je te souhaite de grandir en confiance de plus en plus, grâce à cette prise de conscience ! Tu verras que la confiance est un trésor, et que ça vaut le coup d’en payer le prix !

  2. Un article qui verbalise une vraie nature humaine.

    Je trouve toujours très intéressant le faire ce type de constat à propos de son caractère.
    Cela nous permet de nous autoriser à nous développer personnellement et trouver des réponses qui nous permettront de mieux vivre NOTRE vie !

    Merci pour ce nouvel article Mesdames !

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