Coup de foudre ou choc amoureux ?

L’amour naissant”, « l’Innamoramento » italien.

L’étincelle dans la grisaille quotidienne, l’ouverture joyeuse au monde.

Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé.

Le moment exquis où tout est encore possible.

Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour.

Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires…

Francesco Alberoni

 

En relisant récemment Les langages de l’amour, best seller de Gary Chapman, Geneviève et moi nous sommes rendues compte qu’il fallait absolument mettre les pendules à l’heure ! dire à qui veut bien entendre qu’il y a trop souvent confusion entre les deux !

Nous pouvons avoir fait l’expérience du coup de foudre et/ou du choc amoureux, et si en apparence elles peuvent se ressembler, intrinsèquement elles n’ont RIEN à voir !

 

Avant 2010, j’avais vécu des expériences amoureuses sans jamais avoir connu ce qu’Alberoni appelle le choc amoureux, démarrage de l’amour naissant.

La plus forte de mes expériences a été un coup de foudre

C’était rapide, je venais de rompre une relation amoureuse qui ne me permettait pas d’avancer.

Quand j’ai rencontré cet homme, dans une soirée, j’ai sêché mes larmes en une fraction de seconde.

Je l’ai regardé, il m’a regardée, bref : j’étais amoureuse (!)

Je me suis sentie dans un état de chamboulement hormonal, une excitation tellement forte que j’avais du mal à la contenir. Tout a été très vite. Il ne parlait pas bien le français, je ne parlais pas bien sa langue. J’étais sur un nuage, j’imaginais un tas de choses pour nous, je commençais à me demander comment nous allions nous voir, comment nous allions communiquer, est-ce que j’allais déménager pour me rapprocher de lui….

Il a eu des mots d’amour pour moi dès la première rencontre, j’adorais cela. Ses fausses excuses sur le fait de ne pas m’avoir rappelée ou pour justifier qu’il ne vienne pas plus souvent me retrouver, ou tout autre signe qui disait que la relation n’était pas juste ne m’ébranlait pas. Le coup de foudre m’aveuglait et il n’y avait pas d’incohérence qui puisse tenir.

Au bout de quelques mois

L’histoire s’est soldée par une rupture par email, suivie par une période difficile pour moi où j’étais dans une dépendance affective envers lui qui m’a fait beaucoup souffrir.

Je n’ai pas vécu d’autre coup de foudre.

Aujourd’hui je me rends compte que je n’étais pas capable d’aimer, tout simplement, et que j’avais d’abord à guérir de ma dépendance affective… Je devais quitter ce comportement qui consiste à perdre complètement son autonomie, soit en prenant l’autre en charge, soit en voulant être prise en charge, comme ce qui est décrit dans Le complexe de Cendrillon.

Qui d’entre vous n’a pas eu ces pensées ?

Je ne pouvais pas dire ce qui me gênait, mais intérieurement, je me répétais : “qu’est-ce qu’il va penser ?”

ou “si je lui parle, il va se sentir blessé”, ou encore “ce n’est pas grave, il n’a pas fait exprès”. Pire, je perdais complètement ma capacité à dire non, à prendre du recul, à dire mes limites et à respecter mes besoins.

Soit je ne mangeais pas à ma faim, soit je ne disais pas que je devais partir, si j’avais un rendez-vous ou un engagement. Il ne travaillait pas et cela ne me dérangeait pas. Ses mots doux me suffisaient.

C’était certes un homme exceptionnel, et plus tard il a retrouvé sa voie, en revanche, notre relation était complètement sans direction, ni l’un ni l’autre n’avions pris la direction du bateau et il a finalement échoué. J’ai vécu des délices et des douleurs profondes, toujours en ayant une très mauvaise image de moi.

C’est peut-être ce qui m’empêchait le plus d’agir, j’avais l’impression de ne pas être aimable et je pense que moi-même, je ne m’aimais pas vraiment.

 

Pour aimer autrui, je crois qu’il faut commencer par s’aimer soi-même.

“Je sais, je l’ai entendu 100 fois”, tu vas me dire ! Oui, et qu’est-ce que tu attends pour passer à l’action ? ça s’apprend, de s’aimer, ça se guérit, le manque d’estime de soi ! (inscris-toi !)

Mon expérience du choc amoureux

L’investissement que j’ai fait pour me faire accompagner, en 2010, m’a vallue d’être prête pour vivre tout autre chose. J’ai pu faire les premiers pas vers une expérience qui a changé ma vie. J’avais travaillé ma relation à l’autre et j’avais découvert l’importance de construire mon autonomie, ma capacité à prendre ma vie en main, de m’attacher et de me lier aux autres, de me séparer de ma famille d’origine, de respecter inconditionnellement mes besoins, dans toutes mes relations.

J’ai vécu le 2 juin 2010 un choc amoureux, début de l’amour naissant.

Je me suis aussi sentie dans un flux hormonal, très agréable, mais c’était très paisible, pas d’angoisse quand mon amoureux n’était pas là. Pas d’obsession quant aux appels. Il y avait quelque chose de magique, je rêvais d’être éducatrice et d’aider des artistes, il était artiste dans son être, puis éducateur. J’adorais rire, il adorait faire rire, tout le temps, en faisant des blagues. Aujourd’hui c’est notre principal canal de communication amoureuse, même à l’accouchement de nos deux filles, je lui ai demandé de me faire rire et on a mis en place un petit carnet de blagues pour l’occasion ! On ne peut pas se rappeler de ce temps fort en émotion sans ressortir les blagues de Chuck Norris. Fou rire garanti !

Ce qui a été différent

L’amour naissant me donnait une certaine confiance en moi, je me sentais admirée et j’admirais qui il était. Il y avait des difficultés aussi, mais elles étaient bien visibles et nous allions dans un mouvement doux, d’abord une sorte d’amitié, avec la douce ambiguïté de se savoir déjà amoureux.

Le fait de ne pas sentir certaines peurs qui m’étaient familières ni même de souffrir, m’étonnait. J’étais anesthésiée, sur un nuage, je flottais. C’était un tel délice que je ne me plaignais pas d’être anesthésiée, alors qu’en temps normal, être vivante est plutôt du côté des émotions ressenties.

Plaisir d’être ensemble

Il n’y a pas eu de précipitation. J’ai pris 6 mois pour l’embrasser pour la première fois, alors qu’on se voyait tous les jours ! L’état amoureux où j’étais me donnait de flotter, de ne pas sentir. Même s’il n’y avait pas de certitude pour cette relation, il y avait et il y a toujours une belle confiance. Confiance dans notre relation et dans nos projets communs. Pas le place pour le drame, je n’étais pas dans une position de victime de la relation, mais toujours en prenant la part de responsabilité qui me revient en toute relation : 50%.

Je pense à tout ce que j’ai fait subir à mes ex-amoureux en ne prenant pas ma responsabilité, en restant très souvent passive, en acceptant des choses que je ne voulais pas et en faisant porter sur l’autre la responsabilité de mes mécontentements.

Remember ? l’autre ne me doit rien, tout est cadeau à la relation.

L’état amoureux n’a pas enlevé mon intelligence, il ne m’a pas mise dans une posture de victime ou de sacrifice, il m’a vraiment enrichi dans ma vie personnelle, sans m’enlever du volant de ma voiture.

 

Toute la différence entre la dépendance et l’autonomie, c’est que dans l’autonomie, je suis au volant de ma voiture !

 

Alors, en voiture, Simone ! 😉

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