J’ai envie d’être dans ses bras

… et besoin de me séparer !

Quand j’étais petite

Je me disputais avec mon frère pour rester sur les genoux de ma mère ou pour rester dans ses bras, il était un petit peu plus âgé que moi et si je le voyais dans les bras de ma maman, je faisais tout pour prendre sa place. Ce besoin d’être dans les bras, dans du chaud, est naturel et bon. J’adore rester des heures scotchée à mon homme. En même temps, je suis tout à fait capable de passer 5 jours en vacances sans lui et d’être bien avec ça… j’ai bien changé !

Avant l’âge de 35 ans

Avant de rencontrer mon mari et d’avoir fait un travail sur moi, ça n’était pas comme ça. Je ne connaissais pas mes besoins individuels, ni ceux du couple : je rentrais systématiquement dans le désir de l’autre (voilà ce qu’est la dépendance : rentrer dans le désir de l’autre). Je ne connaissais pas les codes d’une relation amoureuse durable, j’enchaînais les histoires ratées et je restais toujours avec ce petit goût amer, croyant que je n’étais pas aimable.

Aujourd’hui

Avec du recul et quelques années de formation et de travail sur moi, je vois que ça n’a rien à voir avec le fait d’être aimable ou pas. En fait, j’étais incapable de reconnaître mes besoins dans la relation, ainsi que ceux de mon amoureux, ni de me respecter. Dans Ces femmes qui aiment trop, on voit des femmes comme moi, bien gentilles, généreuses, avec des mecs qui ne leur conviennent pas, mais elles le voient pas, elles ne savent pas se respecter ni se faire respecter. Tout comme moi avant : je devenais dépendante de l’autre au lieu de l’aimer, je faisais n’importe quoi pour lui, pour que ça marche. Pour ne pas trop le frustrer.

Sacha Freemind, séparation, unsplash.com

J ‘en suis arrivée à la conclusion suivante

J’ai eu besoin de faire une prise de conscience radicale : j’ai besoin de prendre de la distance par rapport à l’autre. Même si j’ai un plaisir fou à rester scotchée à lui, dans une fusion délicieuse, cela ne peut pas durer trop longtemps. Si j’insiste pour rester avec lui alors que notre rendez-vous devrait être terminé depuis longtemps, je risque de le payer très cher.

Tu me diras : “Quel mal à annuler mes rendez-vous pour rester un peu plus avec mon chéri, surtout s’il s’agit d’un amour naissant?”

Je peux te répondre ici : tu prends le risque de transformer ce qui est délicieux au début en poison. Ce plaisir rapide a le même fonctionnement que les drogues et la mal bouffe : sur le coup c’est très bon et après ça nous laisse des traces difficiles à se débarrasser. Petit à petit, je ne sais plus qui je suis dans la relation ni quelles en sont les limites.

Combien de fois

… je me suis retrouvée dans cette situation de rester avec mon ami au lieu d’aller à des rendez-vous, d’avoir des démarches à faire, sans pouvoir lui dire, que je devais partir. Au fond, il y a un souci d’estime de soi. Un écrivain disait un jour, que les femmes pots de colle, sont des femmes sans beaucoup d’estime d’elles-mêmes. Je réalise que c’est bien possible qu’il ait raison là-dessus. Quel conflit intérieur. Quelle confusion. J’avais l’impression d’avoir un besoin sans fin d’amour, alors que ce que j’appelais amour était en fait de la dépendance affective et que je n’étais pas capable d’aimer vraiment. L’autre était vite objet de mon désir et non sujet, je ne me respectais pas, en disant oui à tout, incapable de dire non et de poser des limites.

Je manquais terriblement d’autonomie

D’ailleurs ce sujet de l’autonomie était aussi valable dans d’autres domaines de ma vie. Les différents petits boulots que j’ai eu témoignent aussi de cette difficulté à me prendre en main à 100%. Dans Le complexe de Cendrillon, nous voyons clairement cela chez la majorité des femmes, dans notre société, éduquées pour être dépendantes.

“Et alors ?”

… allez-vous me demander, “quelle est la suite de l’histoire, une fois la prise de conscience faite, comment ça se passe?”

La suite est simple, je sors de la passivité et je décide de vivre autrement mes relations, je demande de l’aide ou j’investis pour acquérir cette autonomie. Pour moi, une fois ce chemin fait, j’ai pu décider de m’éloigner de mon amoureux et de construire le couple qui est le nôtre aujourd’hui. Pour éviter de reproduire le couple de mes parents, je suis allée voir d’autres modèles. Je sais aujourd’hui que je suis dans ma relation à mon mari avec une personne à part entière, il n’y a pas de confusion entre qui est qui, il y a bien 3 entités : un homme, une femme et un couple. Chacune d’elle mérite du respect. Et je connais le bénéfice de vivre la frustration de se séparer de temps en temps, qui est bien plus grand que celui de rester dans la fusion. Quand nous sommes ensemble, c’est délicieux et quand nous sommes séparés ce n’est pas un traumatisme, j’adore ce manque qui s’installe car ensuite nous savourons nos retrouvailles et nous sommes renouvelés dans notre couple.

photo : Unsplash.com

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2 Comments

  1. Bonjour Luciane,

    J’aime ce que tu partages.

    En effet j’ai besoin de construire mon identité, d’être moi-même et de me donner la priorité.

     » Je suis ma priorité « .

    Je m’investis. Dans ma vie, dans mes projets, dans ma vie intérieure. « Je me prends au sérieux ».

    Plus je me fais confiance, plus je peux faire confiance à l’autre et ne pas être dans cette dépendance affective.

    Et simplement me réjouir de ce qu’il est et l’accueillir.

    Je peux sentir ce désir d’être dans les bras de mon homme et être heureuse même s’il n’est pas avec moi 24 heures sur 24.

    1. Merci chère Luciana pour ton partage. En écrivant cet article, je voudrais que le plus de femmes possible soient dans cette même confiance que tu inspires par ce que tu dis !
      Abraço

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