Mon jardin secret, condesign, pixabay

Jardin secret : la base pour réussir sa vie à deux

J’ai habité aux USA pendant un an. Quand j’ai compris que ma place était en France, j’ai décidé de rentrer à Paris où j’avais déjà vécu 10 ans. A mon retour, j’ai senti le besoin de faire un travail émotionnel. Ma mère était décédée depuis 8 ans et je sentais qu’il me fallait boucler ce deuil. J’ai eu la chance de trouver exactement ce dont j’avais besoin, un lieu extraordinaire où j’ai pu apprendre énormément sur moi et relire ma vie, en étant accompagnée.

 

J’ai appris notamment à m’occuper de mon jardin intérieur

Mon jardin secret. Ma première surprise a été de découvrir que j’avais la responsabilité de prendre soin de cette terre inconnue à l’intérieur de moi. Tout comme un vrai jardin où j’ai à prendre soin de la terre, enlever les mauvaises herbes, soigner les plantes, les arroser et protéger cet espace des malvenus, j’avais à élaborer mon histoire.

« L’intimité indique une clôture, une frontière à ne pas dépasser. Elle est réservée à soi-même ou à certains, qui font partie des proches. Les autres, les étrangers en sont exclus, à moins d’y être explicitement conviés.

« Une grande partie de notre existence est consacrée à acquérir une intimité, puis à la défendre ou au contraire à la partager.

« Mais qu’est-ce que l’intimité ? Comment l’adolescent conquiert-il son espace propre ? Comment, plus tard, tisse-t-on une intimité au sein du couple, puis de la famille, tout en préservant son territoire personnel ?

Voilà [les questions que pose Robert Neuburger, et] qui devraient permettre à chacun de mieux comprendre les bases de l’identité, mais aussi des liens conjugaux et familiaux. »

Les territoires de l’intime, Introduction

C’est donc ce que j’ai commencé à faire. Relire mon passé, identifier les deuils incomplets, exprimer mes émotions bloquées (douleur, chagrin, peur, colère, etc.), élaborer mon histoire depuis le commencement, reconnaître les lieux qui avaient été piétinés par de la violence… entreprendre ce travail ardu mais salutaire de la réparation. Souvenirs, modèles, permissions, souffrances, hontes et réussites, voilà tout ce que j’ai pris soin d’élaborer.

Avoir un jardin secret et s’en occuper n’était pas du luxe, c’était un besoin qui s’imposait.

Définir les distances, les frontières

J’avais déjà entendu parler du besoin d’avoir une certaine distance avec les personnes, pour mieux les respecter, mais je ne savais absolument pas distinguer à qui je pouvais partager les différentes expériences de ma vie présente ou passée. Je ne faisais pas la distinction entre ami intime et connaissance. Le premier venu pouvait me poser une question intime, je me sentais dans l’obligation de lui répondre. De même avec une amie proche, je ne savais pas lui dire non simplement : “ je ne veux pas parler de ce sujet, c’est trop personnel. ”

J’ai appris par la suite à garder la bonne distance. Mais cela m’a coûté bien des confusions et de l’agacement : je ne voulais pas avoir à dire non, je voulais qu’on ne me pose pas de questions.

Ce qui m’est encore difficile, c’est de fermer la porte de mon jardin à des personnes avec qui je ne veux pas parler d’un sujet intime. Ça m’arrive encore aujourd’hui d’initier une conversation sur un sujet et ensuite, quand la personne commence à me poser plein de questions, argh !!! Je réalise que je ne voulais pas parler de ça, je me sens empêtrée pour fermer la porte sans que cela soit de la manipulation.

Au début, mon jardin secret était à l’abandon, dans un isolement affectif. Il y avait des endroits en friche, d’autres étaient comme du compost qui pourrit, d’autres encore étaient endurcis et assechés. Personne n’y entrait. Un mur continu enfermait mon jardin. Moi-même, je n’y entrais pas.

Je ne sens rien, je vais bien, tout va bien, Sofi, flickr.comL’anesthésie

C’est ensuite que j’ai fait la découverte de l’anesthésie, ce mécanisme de protection qui permet de ne pas sentir, pour ne pas souffrir. J’étais dans un état de survie plutôt que de vie. J’ai appris à vouloir être vivante !

100% vivante et pour cela je devrais prendre ma responsabilité et m’occuper chaque jour de mon jardin.

Accepter sa dure réalité, traverser des tourbillons et d’autres moments douloureux. Ma chance a été de faire tout cela en étant accompagnée.

Ma première action

Pour me donner le droit de reconstruire mon identité et mon autonomie, j’ai décidé d’aller au cinéma seule et de ne le dire à personne. C’était simple, mais très difficile, car ma tentation était de dire à tout le monde tout ce que se passait dans ma vie.

J’ai aussi beaucoup écrit, dans mon journal et dans mes cahiers d’exercices. C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui je vous écris, à force d’écrire et re-écrire, je suis devenue familière de la plume !

J’ai appris sur moi et sur mes besoins, j’ai mis des mots sur des non-dits et j’ai découvert qui j’étais, ce que je voulais vraiment pour ma vie.

J’ai appris à prendre ma vie à bras le corps

J’ai choisi d’aller vers l’autonomie. En l’écrivant ici, je me dis qu’étant déjà dans la vie adulte et active, ça a l’air presque un peu absurde de dire ça. Ma vie, depuis longtemps c’est moi qui la choisis !

Mais quand concernant le jardin secret, j’ai vite compris que c’est du blabla de dire ça. Ce lieu sacré est envahi par les désirs des autres et c’est à moi d’enlever toutes ces mauvaises herbes. Aucune ne partira d’elle même, par un coup de baguette magique.

Apprendre à ouvrir et fermer la porte, ce n’est pas un geste naturel, c’est un apprentissage et un devoir.

Mon jardin secret, ukgardenphotos, flickr.comSi je pense à “ territoire intime ”, je pense à…

  • ma chambre
  • mon état émotionnel
  • le travail sur moi, accompagnée avec un thérapeute, un coach
  • mon état de santé, mes gros et petits bobos ( si j’avais un pépin, à qui je partagerais ?)
  • mon bilan professionnel
  • mes coups de cœurs
  • mes compulsions et autres troubles, ce dont j’ai honte
  • mes névroses, mes tics
  • ma fortune ou mes tracas d’argent

… et je compte sur mes doigts les amis intimes avec qui je partage un peu de cela !

Inspirée ? À ton tour !

Partage cet article si tu crois que cela peut en inspirer d’autres.

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2 Comments

  1. J’ai adoré écrire cet article et j’aimerais vraiment vous inviter après la lecture à nous laisser un commentaire : c’est tellement encourageant de savoir si oui ou non vous avez aimé ! Et si le contenu a un impact sur votre vie. Bises chaleureuses du Brésil !

  2. Merci pour cet article, ce n’est pas toujours facile de trouver son équilibre, entre le tout caché ou le tout montré.
    Cela donne des pistes concrètes et intéressantes, qui donne la sensation réelle d’exister, je suis moi, l’autre et lui.
    Plus de confusion, davantage de respect.
    Et enfin la réalisation que tout ce que j’offre et partage est en fait précieux!

    Merci mille fois

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