Je préfère faire silence avec mon amoureux

La parole est (peut-être) d’argent, le silence est d’or

Je commence cet article, inspirée par toi, Geneviève, qui me souffle : “tu dois écrire sur le silence, comme choix pour la bonne santé du couple”.

Ce sujet du silence peut paraître énigmatique. Il m’est très cher, et j’ai pu vivre un des moments les plus délicieux de ma vie amoureuse grâce à ce silence, que je m’étais imposé au début de la relation avec l’homme qui est mon mari aujourd’hui. J’ai été transportée dans une autre dimension, celle de l’intimité, et j’en ai écris un poème, à venir 😉

Ça vous parait trop mielleux ?

Pourtant, rien que d’écrire là-dessus, je peux ressentir dans mon cœur et dans mon corps le déferlement hormonal de cet après-midi du 2 juin 2010. Quel plaisir !

Ce sujet du silence est plus important qu’il n’en a l’air

Certains love coachs vont nous dire de faire silence au début de la relation, de laisser l’homme parler et nous demander à nous, demoiselles, de nous faire discrètes.

Moi, je parle de quelque chose de bien plus profond que tout cela. Sans offenser de love coach digne de sa formation, et sans enlever le mérite de celles qui ont écrit “The Rules” qui a fait un tabac aux États-Unis, je dis juste que ce dont je parle n’est pas comparable. Car il n’y a pas la moindre trace d’une manipulation. Ce n’est pas un comportement automatique pour obtenir un résultat espéré auprès d’un homme.

Je parle d’un besoin profond de l’un et de l’autre, dans la relation, de se sentir considéré et respecté. Le trop plein de paroles risque de devenir une barrière à la relation, une manière de mettre de la distance, un moyen de contrôler l’autre pour ne pas être contrôlé soi-même, comme le dit Colette Dowling dans Le complexe de Cendrillon.

Je me rappelle que quand je ne connaissais pas l’importance du silence je pouvais parler tout le temps, et toujours trouver des sujets de conversation, par simple peur du vide et que l’autre s’ennuie. Je n’avais pas compris que la relation amoureuse supposait un autre langage. Je parlais à mes amoureux comme je parlais à un ami.

Le silence permet à l’amour d’éclore, comme le soleil et la pluie sont importants pour qu’éclose une fleur.

Le langage de l’amour suppose l’intimité

Et cela, je ne savais pas faire.

Si on allait au restaurant (lieu à proscrire en début de relation ! ), je parlais tout le temps, je faisais de belles tirades, je pouvais même analyser l’autre, ou changer de casquette, passant de l’amoureuse à la psy ou à la prof, sans avoir la moindre conscience de mettre en péril la relation. Chaque fois que j’étais sur le point de construire une relation durable, les mots venaient, comme une alliée de ma mère, pour éloigner l’autre de moi.

J’avais peur en permanence de ne pas être intéressante, de ne pas être aimée, d’être rejetée, alors que ma façon de faire elle-même attirait toutes ces conséquences-là : “un homme commence à m’aimer, hop, je mets plein de mots pour empêcher ça”.

Les vraies raisons de mes échecs amoureux

Ce n’étaient pas mon apparence, mes études ou les vieilles casseroles de mon amoureux qui clochaient. C’était le manquement à cette règle vitale de faire silence, qui m’aurait permise de sentir ce qui se passait pour moi, dans mon cœur, et de le communiquer à l’autre. Manque de lâcher prise, manque de confiance, j’avais l’impression qu’à chaque fois que j’étais amoureuse ou en couple, j’étais en danger. Je risquais alors de me retrouver en petits morceaux, si l’autre rompait la relation. Du coup, les histoires sans lendemain étaient bienvenues, alors que je répétais tout le contraire, que je voulais une relation sérieuse avec un engagement au bout.

Co-dépendance…

Cette difficulté à appliquer cette consigne du silence est une fâcheuse tendance des femmes co-dépendantes, qui sont dans la peur et qui en viennent à contrôler leur partenaire. Si, au moins, j’avais été accompagnée, je serais sortie plus vite de cette prison qu’est cette co-dépendance, spécialement de vouloir avoir raison, jouer les profs, avec très souvent l’excuse de vouloir mieux comprendre.

Quand j’analysais un homme, j’avais un double bénéfice : celui d’être dans ma tête et ne pas accéder à mon cœur, ce dernier étant trop sensible.

Ainsi… cacher ma vulnérabilité.

J’ai dit double bénéfice car je confirmais mon scénario : “je ne suis pas faite pour être heureuse en amour, c’est pour les autres”, pour moi, je savais que ça n’était pas possible. Ma peur de vivre l’expérience amoureuse était telle que ce n’était plus de la peur (la peur m’aurait aidée à courir vers mon but), mais de la frayeur paralysante.

 

“ Oui ! mais…

… Luciane, j’entends bien l’importance du silence, pour la vie de couple, même si ça reste encore un peu énigmatique. Mais… il y a forcément besoin, à un moment ou à un autre, de se parler, pour mettre les pendules à l’heure et dire ce qui ne va pas pour dépasser les difficultés.

Un peu comme dans les films, il y a toujours ce moment où ça éclate entre les amants et on voit bien qu’après, quand ils se retrouvent, ça va beaucoup mieux. ”

– Simone, là, je n’achète pas !!!

Si je vais jusqu’aux disputes comme moyen de trouver des solutions dans une relation amoureuse, c’est une arnaque qu’on nous a vendue.

D’une part, ce n’est pas possible de vivre quelque dispute que ce soit sans se blesser mutuellement.

D’autre part, les vraies raisons pour en venir jusqu’aux mots ne sont vraiment pas celles que nous croyons. Il y a tromperie sur la marchandise.

Voici les deux principales raisons que je vous partage

J’ai besoin de vibrer. Si ce besoin n’est pas satisfait, je vais mettre en scène un clash pour avoir ces vibrations. Il y a même des couples qui vont choisir ce mode de relation comme si c’était normal, dès qu’il y a un peu d’ennui. Ce qui permet le bénéfice d’avoir des retrouvailles amoureuses, de retrouver le désir sexuel… en payant le prix très cher de laisser un bout de leur cœur, de leur âme abîmés, et la relation aussi.

L’autre raison vient d’une tentative de pouvoir. J’ai envie que l’autre entre dans mon désir, et je suis prête à argumenter avec lui.

“J’ai besoin d’être rassurée, j’ai besoin de savoir, j’ai besoin de comprendre, j’ai besoin de tout savoir, j’ai besoin de transparence…”

Toutes ces phrases illustrent cette intention cachée, celle de contrôler l’autre : “J’ai envie que tu entres dans mon désir.”

 

À ton tour

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Photo : Takazart

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