Le meilleur pour tomber amoureuse : l’ancrage

Voici un des ingrédients les plus importants de mon existence, ce qui m’a donné l’élan vital, essentiel pour tomber amoureuse et m’engager dans l’aventure du couple : l’ancrage.

Oui, ce mot barbare contient une sorte de révélation qui m’a plus d’une fois servi de guide pour sortir de la survie et me mettre en contact avec la vie.

“Prenons un arbre. Il a des racines, un tronc, des branches et des feuilles. Avec ses racines il puise dans la terre, entre autres, les nutriments dont il a besoin. Il tire donc de la terre une partie de l’énergie qui lui est nécessaire.”

Marie-Françoise Neveu

 

Un besoin d’ancrage est un besoin de créer des racines, d’aller vers le sol, de s’incarner.

J’étais en mode survie

Pendant des années, je ne sais pas à quand cela remonte, je me suis contentée de survivre. Est-ce que cela te parle ? Oui ? Comme si la vie n’était pas assez attirante pour que je m’y m’ancre.

Je survolais mon existence, en mode métro, boulot, dodo. Pour moi, c’était “bus” au Brésil et “métro” à Paris ! J’étais un peu anesthésiée, au fond, j’avais tellement peur de souffrir qu’à un moment donné, sans m’en rendre compte, j’ai préféré ne plus rien sentir. J’étais dans un tel état, qu’au moment de mon arrivée en France, en 1998, (oui oui “3-0”, tu vois, je lis aussi dans les pensées 😉 ) j’ai remarqué que les gens se mettaient en colère… (pourtant, la France avait gagné !) J’étais étonnée de découvrir ce vocabulaire : “j’en ai marre, j’en ai ras le bol, j’en peux plus, j’en ai rien à foutre…” et autres injures qui s’entendent parfois !

Mais moi, depuis très longtemps, je m’étais coupée de cette émotion.

Un vélo dans la tête

Je faisais des études poussées, un master, puis un doctorat, ce qui ne m’aidait pas du tout à m’ancrer dans le réel, à être dans l’ici et le maintenant des gens vivants. Moi, j’avais plutôt un vélo dans la tête qui ne s’arrêtait pas, j’étais coupée de mon corps et j’en venais à avoir mal au dos à certains moments (petites pensées de gratitude à mon ostéo).

Ma vie sociale était comme ma vie intérieure, un peu désincarnée. Je n’avais pas d’amis intimes avec qui partager mes peurs et mes tristesses, du coup, je les sublimais ou je les relativisais : “Il y en a qui sont plus malheureux que moi, je n’ai pas le droit de pleurer pour ça.”

Rester soi-disant disponible

J’avais aussi un vilain défaut, je pense qu’il y a plus d’une femme que va se reconnaître ici, je ne faisais pas trop de projets à long terme, en prétextant que je voulais garder une disponibilité, au cas où j’allais rencontrer quelqu’un… Douce illusion qui me mettait souvent en panne de plan pour les vacances et pour compenser cela, j’embarquais à la dernière minute dans le projet d’un autre… à moins de rester sans projet, le bec dans l’eau.

Décalée

Je ne sais pas si cette expérience a du sens pour toi, j’avais aussi sans m’en rendre compte, ce que j’appelle aujourd’hui des crises de régression. Je pouvait parler à des adultes déjà installés dans la vie professionnelle, qui avaient le même âge que moi, comme si j’étais une enfant, avec une voix ou des expressions d’enfants.

J’étais aussi souvent à côté de la plaque, comme si je n’avais pas le manuel d’instruction de la vie adulte. Ce manque de code, que je vois aujourd’hui chez certaines femmes célibataires, avec un grand débit de parole, une manière de m’habiller décallée, ou encore une sorte de fuite spirituelle, me mettaient encore plus en difficulté pour être incarnée.

Développer mes racines, ClkerFreeVectorImages, pixabay.com

Je n’étais pas encore dans ma vie

Je suis une femme plutôt religieuse, mais à ce moment-là, sans m’en rendre compte, j’étais dans une overdose, presque au point de me faire quitter la vraie vie. Je pouvais méditer une heure par jour et ne pas prendre du temps pour organiser mon emploi de temps ou investir mon projet professionnel. Cette façon de me la couler douce, me coûtait très cher, car j’étais très souvent dans une situation précaire, passant de petit boulot en petit boulot, sans vraiment me mouiller dans un poste à responsabilité qui aurait correspondu à mon niveau d’étude et à mes capacités.

Je me souviens très bien du jour, j’avais 25 ans, où je me suis retrouvée dans un groupe de filles du même âge, qui travaillaient à la banque, et qui parlaient de leur plan de retraite. J’étais choquée qu’elles parlent de ce sujet si éloigné de notre âge. Pourtant, elles étaient en train de se projeter, alors que moi, j’étais une inconscience. Moi, j’étais incapable de me projeter, je n’étais pas encore dans ma vie. Je ne signais pas encore ma vie… En revanche, je pouvais passer des heures à lire des livres spirituels et m’imaginer sauver la planète.

Cette époque de ma vie est bien révolue !

Ouf ! Je suis bien plus ancrée aujourd’hui, mais je ne suis pas encore totalement hors de danger. Cette habitude de fuir la vraie vie et de la survoler peut encore revenir. Et là, je me rappelle tout le chemin parcouru et je mets en place mes outils incroyables qui m’aident à être vraiment vivante !

Peut-être que vous êtes en train de me dire : “merci pour ce partage, cela me parle… Maintenant, dis-moi comment retrouver cet élan vital. Comment être capable de tomber amoureuse ? Comment me sentir vivante ?”

Alors, voici plusieurs pistes qui répondent à ces 3 questions

  • sentir : le monde sensoriel m’a vraiment aidée à avancer. Me faire masser et me masser moi même, sentir mon corps, parfois un peu négligé et très souvent inconnu. Je ne le regardais pas souvent, je ne savait pas à quoi il ressemblait vraiment, j’avais du mal à identifier que j’avais une masse corporelle trop importante pour ma taille. Je pense aussi à la pâte à modeler avec laquelle je jouais avec les enfants des amis ou pendant mes babysitings. Une balle anti-stress dans la main peut aussi faire l’affaire et nous ramener à cet “ici et maintenant”.
  • être avec des enfants, proposer mes services de babysitting ! Ce n’est pas possible de rester tout le temps avec un vélo qui tourne en rond dans la tête si je suis avec des petits enfants qui me sollicitent et qui me mettent immédiatement dans le temps présent. Eux, ont une capacité à se connecter avec la réalité, c’est étonnant ! un élan vital tout frais, surtout les enfants qui n’ont pas été abîmés par une éducation trop sévère.
  • regarder dans les yeux. Oui, j’avais cette fâcheuse habitude d’éviter les regards. Alors, je vais regarder ! Je peux commencer par prendre le temps de regarder les yeux des enfants, des personnes avec qui je suis en relation, poser mon mobile et passer un temps de qualité avec des enfants, les regarder !
  • créer des relations vraies, avec des personnes avec qui je peux partager mon intimité et me sentir en confiance pour pleurer ou pour dire ma colère. Je me souviens de la première fois où j’ai pu exprimer ma colère avec une copine parisienne. Jour mémorable. Moment fort en attachement.
  • marcher, respirer en plein air, sentir le vent sur ma peau, réaliser qu’il y a des oiseaux qui chantent, comme sait le faire Alexandre le bienheureux.
  • faire du repassage. Oui, c’est magique ! si je suis dans la tête pendant le repassage, mes vêtements vont être tous brûlés ! du coup, je suis obligée d’être bien ancrée !
  • danser, taper des pieds. Marie-Françoise Neveu, spécialiste des enfants “actuels”, encourage à pratiquer des danses où l’on tape des pieds, comme dans la zumba, la danse africaine, les danses brésiliennes, les danses folk, la danse contemporaine… qui permettent d’aller vers le sol, donc de s’ancrer.

 

Confiance et à l’action !

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One Comment

  1. Merci, merci pour cet article !!! Cela parle de moi tellement !! Je me sens encore au niveau, « je ne suis pas dans ma vie »  » je n’ai pas encore signé ma vie », ….bref , tout cela je peux l’écrire au présent. Mais du coup, j’ai grand espoir que cela change !! Merci !

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