“Je fais peur aux hommes” … et si ce n’était pas ça ?

« Je fais peur aux hommes » ou auto-suffisance et indépendance versus autonomie et attachement

J’ai toujours entendu mon père me dire que j’étais intelligente.

Je l’ai moins entendu me dire que j’étais belle. Les femmes de ma famille d’origine, m’ont beaucoup portée dans les bras. Je crois que mon père ne m’a jamais portée.

J’ai grandi avec cette certitude que j’étais capable d’y arriver par moi-même. Mais, au fond, je manquais de confiance en moi et dans la vie. J’étais peu ouverte à des échanges authentiques, profonds et honnêtes.

J’ai compris plus tard que j’avais mis en place un mécanisme d’auto-suffisance, que j’avais fini par développer malgré moi.

Je me débrouillais toujours toute seule.

S’il me fallait demander quelque chose à quelqu’un, je me sentais mal à l’aise. J’avais vraiment peur de déranger et de ne pas être bien reçue.

En revanche, s’il fallait trouver des volontaires pour un service de ma paroisse par exemple, j’étais complètement légitime. Ça ne me posait aucun problème de faire des demandes à qui que ce soit.

“La créativité est la condition de la légitimité” Aliette de Panafieu

Au fond, je ne me sentais pas légitime

Je me sentais pas aimable, différente, voire malvenue.

Qui pouvait bien se soucier de moi ?

Toute forme de sollicitation personnelle me coûtait beaucoup. Ce n’était pas fluide, comme c’est le cas aujourd’hui.

Je me souviendrais toujours… Il était minuit passé, il n’y avait plus de métro… mon réflexe d’avant aurait été de rentrer à pied toute seule. J’ai rassemblé toute mon énergie et j’ai osé passer un coup de fil pour prévenir de mon retard, car j’habitais avec une amie. Et voilà qu’elle me propose de venir me chercher en voiture, alors qu’elle était déjà couchée !
J’étais super surprise. Et vraiment touchée de son attachement.

Je me suis aperçue que j’étais tellement dans l’auto-suffisance que si j’avais un accident grave, je ne saurais même pas qui appeler.
Quel.le ami.e viendrait à mon secours en cas de difficulté ? Cet événement a marqué le début de ma capacité à m’attacher.

Qu’est-ce qui me mettait dans ce rôle de femme indépendante ?
Qu’est-ce qui me rendait si peu accessible ?

Car c’était vraiment peu favorable à mon projet de vie de couple !
Aujourd’hui, ça me paraît évident : j’étais en difficulté pour créer de l’attachement.

Ah oui ! Créer de l’ATTACHEMENT !

Grâce à un travail sur moi, sans le but de rencontrer quelqu’un, j’ai pu laisser ce masque de femme indépendante, qui se débrouille toute seule, qui n’a besoin de personne.

J’ai commencé à développer mon autonomie, ce qui a fait baisser mon niveau de dépendance.

J’ai décidé de quitter pour toujours l’auto-suffisance, qui au passage, à mon avis a son lot d’orgueil…

J’ai décidé de créer de vrais liens d’attachements, des relations où je pouvais être moi-même, parler de ce que je ressentais et non de ce que je savais ou de ce que j’avais entendu dire par d’autres.

Mes conversations ont changées

Quand quelqu’un commence à me parler de la vie d’un.e autre, en bien ou en mal d’ailleurs, maintenant je réagis pour orienter différemment la conversation. Cela ne m’intéresse pas, je préfère le.la rencontrer lui.elle, et faire davantage sa connaissance.

Ces conversations où l’on parle de la vie des autres ne me nourrissent plus, ça m’ennuie.

Alors que créer des liens, parler en profondeur, sentir combien mon amitié grandit, ça oui ! Ça me donne envie de rester jusqu’au bout de la nuit !

Sur le chemin de la guérison de la dépendance affective, j’ai appris à ne plus faire de sauvetage. Du coup, quand je me retrouve avec des personnes qui jouent le rôle de victime, je me désintéresse très vite de la conversation… jouer à des jeux psychologiques ne m’intéresse plus non plus.

Comment j’ai intégré le respect au quotidien

Choisir d’être une femme respectueuse de moi-même (et des autres en conséquence), m’a demandé beaucoup :

  • accepter de me remettre en question,
  • avoir un peu d’humilité pour me taire au lieu de vouloir avoir raison. Aujourd’hui, vouloir montrer par A+B que mon argument est le plus intéressant ne m’arrive plus.

Le chemin du respect m’a conduite à choisir aussi une vie de couple respectueuse.

Voici les meilleurs moyens que j’ai expérimentés :

  • apprendre à écouter,
  • diminuer le débit de paroles dans les discussions enflammées,
  • faire confiance aux copines pour me solliciter si elles ont besoin de mes conseils plutôt que les donner alors qu’elles ne m’ont rien demandé.

J’ai mis le paquet pour être plus attentive aux personnes plutôt qu’aux choses ou aux principes.

  • J’ai passé de temps de qualité avec des enfants,
  • j’ai dit mon admiration aux personnes de ma famille d’origine,
  • j’ai passé des coups de fil juste pour demander des nouvelles,
  • j’ai écouté les copines partager leurs émotions…

J’ai pratiqué de maintes façons l’attachement, jusqu’à sentir que je devenais capable d’être dans l’attachement.

Et j’ai de la gratitude de vivre cette expérience d’attachement avec l’homme qui est mon mari aujourd’hui. L’attachement nous donne une sécurité.

De quoi ai-je besoin pour être dans la confiance ?

Parfois, dans mes accompagnements, je rencontre des femmes qui sont dans une forme de contrôle. Elles sont souvent très intelligentes. Ce manque de confiance rend l’accompagnement très tendu.

Et c’est très difficile d’accompagner des femmes si elles sont dans le contrôle avec moi.

Certainement elles doivent être comme ça dans toutes ses relations, évidemment, avec les hommes aussi…

Sortir de cette posture de contrôle demande de savoir se poser les bonnes questions :

  • De quoi j’ai besoin pour faire grandir la confiance en l’autre ?
  • Comment vais-je vivre une histoire d’amour à deux, si je ne suis pas capable d’attachement ?
  • Est-ce que cet homme avec qui je suis, avec qui je vais être, aurait la fonction magique de me guérir de mon manque d’attachement ?
  • Est-ce que je suis dans la croyance que tout ce que je n’ai pas traité avant d’être en couple va se résoudre de soi quand je serai avec lui ?
  • Est-ce que je peux continuer à vivre comme ça des histoires compliquées et à me raconter cette petite histoire que c’est 100% la faute de l’autre ?

La bonne nouvelle c’est que la difficulté à s’attacher et le manque de confiance ça se travaille et ça se répare !

Photo libre de droits

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2 Comments

  1. Whouah! Un article riche et transparent comme je les aime. Merci de partager ton expérience avec nous.

    Une mine d’or pour les personnes qui s’y reconnaissent !

    Ton histoire me parle beaucoup pour avoir pendant longtemps était celui qui avait du mal à s’attacher dans le couple.

    Bravo toutes les deux pour votre travail en tout cas! Votre message mérite d’être propagé davantage sur la toile.

    Au plaisir.
    Morgan

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