Un désir d’enfant au fond de mon cœur

J’ai toujours voulu fonder une famille, avoir des enfants.

Depuis l’enfance, je nourris ce rêve et me berce de cette illusion.

Désirer un enfant est enraciné au plus profond de mon être, de mon identité.

 

À mon âge, cette aspiration profonde relève désormais du mirage, qui s’éloigne de moi au fur et à mesure que les années passent.

Le rêve ne s’est pas accompli tant le temps est suspendu, en arrêt.

Oui, j’ai mis ma vie sur pause et mon désir d’enfant ne s’est pas encore réalisé.

 

Alors, en bon petit soldat, je serre les dents.

Je tais mon rêve au tréfond de mon cœur, je l’étouffe au cas où il voudrait s’échapper, je l’enfouis dans l’obscurité de mon être.

Je suis la seule à le savoir ; c’est mon secret, un bien douloureux secret ; personne ne doit savoir.

C’est si dangereux, un désir, que j’y mets toute mon énergie pour l’oublier et le cacher, je m’y épuise.

Et je fais comme si de rien n’était.

Je tourne le dos à ma peine ; j’ignore mon chagrin ; je refuse de reconnaître ma douleur.

Je ne suis plus qu’une immense peine qui menace de me submerger à tout instant.

 

Et pourtant…

Et pourtant si j’acceptais d’accueillir ce désir, de le regarder bien en face, de le contempler avec bienveillance, de le découvrir.

Après tout, il fait partie de moi-même, de mon être, il m’appartient.

Il est moi et je suis lui.

Pourquoi ne pas me donner la permission de l’accueillir, de le réaliser ?

Oui, j’accepte le défi et j’accepte de plonger dans ce désir sans savoir où il va me mener.

Ce désir d’enfant qui m’anime, qui m’émeut tant, n’est rien d’autre que la vie qui demande à jaillir, qui trépigne, qui bouillonne en attendant que je me donne enfin la permission de l’accueillir.

 

En cet instant, je prends la décision de ne plus voir mon désir d’enfant comme une blessure mais plutôt comme la source de mon élan vital.

Je lui donne carte blanche pour grandir, s’épanouir en moi et peu à peu me métamorphoser en la version la plus accomplie de mon être.

Je le laisse m’émerveiller, m’enchanter, m’éclabousser de joie.

J’accepte que la peur cède peu à peu la place à la confiance et je m’abandonne toute entière à la gratitude d’avoir en enfin accueilli ce désir d’enfant, mon désir d’enfant.

 

C’est lui qui m’apprendra qui je suis.

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2 Comments

  1. Quel magnifique texte ! Merci ce texte me parle tellement,
    Moi, celle que tout le monde prend pour la personne insensible, résistante à tous les chocs, véritable warrior de la vie, et qui ne veut surtout pas enfanter.
    Pourtant au plus profond de moi je sais que ce désir est la depuis déjà quelques années, que je suis encore un peu prisonnière de ce rôle que l’on m’a attribué et auquel j’ai si bien colle.
    Ce désir de vie est latent prêt à déborder je lui laisse de plus en plus de place tous les jours prêt à m’inonder

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